Résolument de droite ce blog a été créé suite à l'incroyable investiture de François Vigny que nous pensons être une grave erreur politique, sans juger la qualité de l'homme nous pensons que la ville d'Annemasse méritait mieux. L'avenir nous donnera raison! Jean-François Fernandez
Je vois que la clinique du Brouaz déchaine les passions, en effet je viens de lire sur le site de Jean-Pierre Benoist ici ainsi que sur le site du cercle Réflexion et Stratégie Politique là deux excellents articles qui éclairent ce projet de deux façons différentes.
Je ne vais quand même pas rester sur la touche, d’autant que j’avais déjà parlé de ce projet durant la campagne. Je vais tenter de parler de ce projet d’une façon différente, un peu plus polémique, à la manière d’Erebus quoi !
Ainsi plutôt que de m’intéresser au projet proprement dit j’ai préféré me tourner vers la Générale de Santé ce groupe dirigé et contrôlé par l’Italien Antonino Ligresti.
Cette entreprise prospère sur la déconfiture de l’hôpital public et n’hésite pas à s’en vanter, (extrait relevé sur le site officiel de la générale de santé ici ) :« L'hospitalisation publique connaît de réelles difficultés et voit sa capacité de soin diminuer. ……………………………. La nécessité d'un pôle fort et structurant au sein de l'hospitalisation française est donc une opportunité réelle pour Générale de Santé. En outre, la question du coût du système de santé public aboutira nécessairement, à moyen terme, à ce que des tâches de plus en plus nombreuses soient confiées au secteur privé hospitalier. En effet, à qualité et à complexité de traitement égales, celui-ci présente des coûts notoirement inférieurs, selon l'Assurance Maladie elle-même. Dans ce contexte, Générale de Santé est évidemment l'acteur le mieux placé pour assurer les missions correspondant à un vrai besoin de la population.
Début janvier, Générale de Santé confirmait avoir engagé un processus de cession de six cliniques privées en Italie pour recentrer ses activité sur la France. A mon avis la sécurité sociale française rémunère plus et mieux !
Ligresti serait-il le Bernard Tapie de la santé ?
Ce qui surprend c’est le changement de stratégie de cette société qui au départ faisait l’acquisition de cliniques privées, les restructurait et les administrait. Puis sans doute pour se recentrer sur son cœur de métier Générale de santé cède les murs de ses établissements à la Foncière Gécina ce qui permet de dégager les marges conséquentes et nécessaires à son développement. Tu l’as compris, cette société est purement une affaire financière, pourquoi pas finalement, du moment que tout le monde y retrouve son compte.
Ce qui est inquiétant c’est quand des sociétés financières s’improvisent promoteurs, ce qui fut le cas de Générale de Santé et notamment lors de la construction de la clinique privée Jean Mermoz à Lyon.
En 98 (il y a dix ans) Générale de santé lance un appel d’offres européen pour construire un établissement de 209 lits pour une surface d’environ 28 800m2. Nous l’avons vu plus haut le "système" Générale de Santé repose en partie sur des prix compétitifs. En conséquence le choix de Générale de Santé se porte naturellement sur l’entreprise de gros œuvre la moins-disante, tellement moins-disante que l’offre est inférieure de 25% à celles des autres entreprises en compétition. Ce qui devait arriver arriva, 1 an après le début des travaux l’entreprise de gros œuvre était placée en redressement judiciaire avant d’être liquidée. Dans leur rapport, les experts relèvent autant de fautes chez le maître d'ouvrage que chez le maître d'œuvre. Ceux-ci y sont clairement dénoncés pour une multiplication de fautes, de manquements, d'erreurs, de malfaçons, de rattrapages malheureux et de dérives de toutes natures dans lesquelles plusieurs sous traitants portent, eux aussi, leurs parts de responsabilité. Une descente en cascade avec pour toile de fond les pressions d'un maître d'ouvrage et de ses assureurs obnubilés par la compression des coûts et des délais et par des intervenants aussi approximatifs dans leur champ d'intervention que dans leurs capacités techniques. A deux reprises déjà deux des bâtiments avaient été démolis et reconstruits. Commencé en 2001 ce chantier sera normalement terminé à l’été 2008.
Souhaitons qu’il n’en soit pas de même pour la clinique du Brouaz !
Mais j’y pense, et si générale de santé revendait immédiatement les terrains acquis à bon prix et les futurs bâtiments à cette fameuse société espagnole la Foncière Gécina, tu parles d’une bonne opération !
Moi je suis un peu comme Saint Thomas, je ne crois que ce que je vois et dans cette affaire ce que j’ai vu jusqu’à présent ne m’inspire pas vraiment confiance.
Bon je vais arrêter là, j’en ai encore un peu sous la pédale mais je vais le garder car je suis certain que nous n’en avons pas terminé avec ce dossier, et ce, malgré l’optimisme affiché par nos élus et une partie de l’opposition municipale.
T’inquiètes, je veille !
Erebus