Robert Badinter a sévèrement critiqué, sur RTL, le projet de loi prévoyant "une rétention de sûreté" pour les pédophiles jugés toujours dangereux à l’issue leur peine. Il a qualifié le texte de dérive dangereuse remettant en cause le principe qu’il n’y a pas de prison sans infraction. En écoutant l’intervention du Sénateur des Hauts de Seine je suis surpris par un chiffre : selon Monsieur Badinter le taux de récidive des violeurs est de 1%, je ne sais pas si ce chiffre est exact, il est surprenant ! J’ai beaucoup de respect pour Robert Badinter et je me rappelle le débat houleux suscité par son intervention en qualité de garde des sceaux pour l’abolition de la peine de mort, je me rappelle ces phrases : « Demain, grâce à vous, il n'y aura plus, pour notre honte commune, d'exécutions furtives, à l'aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées ».
La déclaration et la prise de position très ferme du Président de la République lors de l’affaire Evrard ne m’avait pas ému plus que ça, j’avais même trouvé cela « juste » qu’un pédophile meurtrier d’enfant ne puisse sortir de prison tant qu’on l’estimerait dangereux pour la société et même une fois sa peine purgée.
Et là, l’argumentation de Badinter donne à réfléchir.
Premièrement il convient de rappeler que la justice ce n’est pas la VENGEANCE, et que par conséquent une fois la peine purgée on a payé sa dette à la société. Quelle que soit la peine elle doit être limitée dans le temps dans le cas contraire ce n’est plus de la justice, c’est de la barbarie !
Cela dit le cas des pédophiles pose problème. Plus haut je disais avoir été surpris par le chiffre des récidivistes soit 1% (cela me parait peu) admettons ! Quel que soit le chiffre si vos enfants ont affaire à ce % que penseriez-vous de la statistique, diriez-vous de la mort de votre enfant qu’il s’agit d’un dommage collatéral, d’une malchance statistique ? Pour ma part je ne sais pas quelle serait ma réaction, sans doute un peu du genre de celle de Jean-Marie Villemin.
Mais alors que nous reste-t-il ?
La castration chimique : c’est une bonne solution mais peut on castrer chimiquement une personne contre son gré ?
Le port obligatoire du bracelet électronique : cela n’empêche pas de commettre un crime.
Selon moi, pour ce type de crime il faut une justice d’exception, il ne doit pas y avoir de remise de peine, ainsi un condamné à 25 ans purgera une peine de 25 années. Il nous faudrait admettre que ces personnes sont des malades et durant leur incarcération l’administration devrait leur apporter les soins que nécessite leur état, à l’issue il faudrait les astreindre à des contrôles réguliers (hebdomadaires), il faudrait créer des emplois spécifiques à ces personnes afin qu’ils ne soient plus lâchés seuls dans la nature. Il nous faudrait comprendre et accepter que toute leur vie ces personnes seront une charge pour la société.
Bien sûr je comprends le propos de l’Avocat Humaniste Badinter, mais je demande également que l’on comprenne ma position de parent qui a peur pour ses enfants.
Quelle est la solution ? Si solution il y a !