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Encore l'heure !

14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 18:00

La Casta est encore en photo dans le journal ! C’est pas croyable cette gonzesse, dès qu’elle aperçoit l’objectif d’un appareil photo plus rien ne peux l’arrêter, c’est casse toi de là que je m’y mette.



J’avais pour projet aujourd’hui d’aller vérifier si les pistes des brasses ou d’hirmentaz seraient en conditions pour nos prochains jeux olympiques d’Annecy mais le brouillard a eu raison de ma motivation. Ni les programmes TV ni l’activité du Kremlin ne m’inspirent je vais donc te raconter une histoire plutôt que de mourir d’ennui.

 

Novembre 1989, à l’époque je suis directeur commercial dans une société de construction de maisons individuelle. En fait je fais le même boulot que les autres mais je ne touche pas de com. sur les ventes directes, je touche de petites comms. sur chaque vente faite par mes potes, et tu connais la suite : les petits ruisseaux faisant les grandes rivières…… Pour faire simple je fais le maquereau mais très légalement. (oui je sais)

 

Donc ce vendredi de novembre en fin d’après-midi je suis à la maison m’ennuyant à mourir à écouter le récit homérique du père de la mère de mon fils (ah ! là faut suivre) qui déploie une énergie titanesque pour m’expliquer sa dernière bataille, savoir : le changement de la baie vitrée de sa cuisine.  J’essaie bien de lui faire comprendre que son histoire me gonfle au plus haut point par des hum hum et des ah sans enthousiasme mais rien n’y fait, il m’explique tout dans le détail, jusqu’à la taille des vis à bois et de leurs prix meilleur marché chez casto que chez le quincailler du coin, tout quoi ! Pensant sans doute que je suis le dernier des abrutis il se croit obligé de joindre le geste à la parole et me mime toute la scène. Par moment mon regard s’échappe par la fenêtre, si un rayon de soleil venait percer ce brouillard j’aurais au moins un bon prétexte pour m’enfuir promener le petit dans le parc, Rien, j’en arrive à un point où je me taperais une bouteille d’anisette pour ne plus l’entendre.

 

DRIIIIIIING………….DRIIIIIIING !

Putain le téléphone ! Je saute du canapé, met le petit dans les bras de son grand-père et m’empare du combiné avant que ma femme ne se jette dessus. Je suis bien décidé à faire la conversation au Pape pendant deux heures s’il le faut pour échapper au récit du vieux.

Sauvé !


C’est l’un de mes commerciaux, mon pote Patrick ! C’est un type extraordinaire très cultivé et ce qui ne gâche rien doté d’un humour XXXL mais comme tous les bons vendeurs Patrick est frappé d’une  cyclothymie maladive, un jour au sommet du gratte-ciel et le lendemain au 38è sous-sol. Au ton de sa voix je sens tout de suite qu’il se trouve en ce moment même dans l’ascenseur qui le même à la cave et qu’il a déjà dépassé le niveau -10. Je fais un signe de la main au vieux, qui continue son récit, pour lui demander de se taire un instant, et il me répond par un : "Pas de soucis téléphone tranquillement je te raconte la suite après".


C’est ça lâche moi, va à la cuisine avec les femmes prends toi un morceau du gâteau d’anniversaire et étouffes-toi avec !  (C’est son anniversaire et le soir même nous avions prévu un petit repas)


Au téléphone, Patrick m’explique qu’il doit le soir même rencontrer un client et qu’il espère le faire signer pour deux maisons. Le gars est pilote de ligne à Swissair et il rentre ce soir pour repartir le lendemain vers 15h, autant dire que le délai est court et qu’il va falloir être bon sur ce coup. Justement, Patrick n’a pas la niaque, il s’est pourri la vie avec sa femme et elle s’est barrée chez sa mère, de plus ce mois-ci contrairement au mois précédent il n’a pas eu une touche, il est capot quoi ! Il me demande, me supplie même de venir lui filer un coup de main, il insiste sans se douter un instant du drame qui va se jouer si d’aventure je file à l’anglaise le jour de l’anniversaire du vieux. J’ai toute ma vie fait les choses par amitié, ce qui m’a parfois conduit directement dans le mur mais qui m’a également procuré de grandes joies. Là non seulement Patrick est un ami mais en plus il vient de m’offrir sur un plateau la solution pour me délivrer du calvaire que je vis depuis au moins une heure. Ni une ni deux, je lui donne mon accord, le temps de me pourrir la vie avec ma femme, d’enfiler un costume, claquage de porte et me voilà dans la voiture en direction d’Evian.

 

Il est 18h30 quand enfin j’arrive chez Patrick. Driiiing !..………..non cette fois c’est la sonnette, à l’époque on n’a pas de portables, on a des téléphones de voiture mais vu le poids il est impensable de se promener avec, de plus avec ta boite sous le bras tu as un peu l’air con.

Ce salopard arrive tout souriant, comme par enchantement il avait retrouvé le moral. Sapé comme un prince, costume Saint-Laurent (payé avec les comms. indécentes du mois précédent) grand sourire, la totale quoi ! Nous nous installons dans le salon et il m’explique le cas de son client à l’aide de tableaux et schémas tout était prêt sauf le financement et ça c’est mon domaine de prédilection.


A quelle heure le rendez-vous ?

A 22h15 !..............

QUOI ???............

J’ai pas pu faire autrement, le client a insisté pour que j’accepte cet horaire car demain matin il veut se reposer et surtout il souhaite régler cette affaire ce soir !


Moi qui pensais régler la crise familiale en rentrant avec un bisou…………………

 

Bon tant qu’à y être autant y être jusqu’au cou !

Nous nous mettons au boulot pour tenter de trouver la meilleure formule financière possible, enfin nous cherchons surtout la meilleure argumentation pour le faire signer le soir même, et je peux te dire que j’ai la hargne, je ne me suis pas tapé 80 bornes aller retour plus la promesse d’une crise diplomatique de grande ampleur au retour pour rien.

Tu prends un apéro ?...................... volontiers une anisette !................tu fais chier avec ton truc, j’ai que du whisky !...............Bon Whisky alors !


Il faut que tu saches deux ou trois trucs à ce stade. Notre conversation se tient dans le salon, face à la télé, sur une table basse. Je ne bois jamais d’alcool fort genre Whisky ou autre, mon truc c’est anisette et Bordeaux rouge et basta !

 

1 verre, 2 verres, trois verres…………………………………………….22h05, putain Patrick tu as vu l’heure, vite vite. Nous nous levons et c’est là que je me rends compte que nous avons sifflé une bouteille de chivas à deux, mais pas une petite bouteille, une grande, celles de contrebande de 1,5l ramenée récemment d’Italie. J’ai bien un peu la tête dans le sac mais tout le boulot est prêt et ça devrait aller. Nous ramassons en vrac les affaires éparpillées sur la table de salon, et les jetons directement dans la mallette, dans la précipitation Patrick renverse son dernier verre sur ses chaussures et le bas de son pantalon.


Pas grave, le whisky ça tache pas, laisse tomber, plus le temps !


Dans la voiture nous mettons au point notre stratégie. Moi qui semble être le plus frais (tout est relatif) je parlerais au client tandis que Patrick fera semblant d’exécuter de savants calculs afin de parvenir à une mensualité la plus étudiée possible. (En fait un papier est discrètement collé à l’intérieur de l’un des volets de sa mallette rigide Samsonite et il n’a qu’à suivre les instructions).


Driiiiiing ! (C’est encore la sonnette) Un grand type habillé en commandant de bord nous accueille et nous remercie d’avoir accepté ce rendez-vous tardif. Il nous fait entrer dans le salon et nous propose un verre, pour ne pas le vexer je lui propose de discuter immédiatement de notre proposition et de remettre le verre à la fin de la négociation.


Nous sommes assis autour de la table de salle à manger, Patrick et moi sur le même bord, le client en face, sur le côté la télévision allumée et en sourdine, Patrick a devant lui sa mallette ouverte sur la table de sorte que le client ne le voit pas puisque caché derrière.


Je vous écoute !


Cher Monsieur, je vais vous expliquer notre manière de procéder, je vais personnellement vous expliquer les subtilités de nos produits tandis que mon collègue établira  les calculs nécessaires pour arriver à une mensualité la plus juste.


Patrick, sortant sa tête au-dessus de sa mallette :"c’est exactement ça je vais m’occuper du FLAN DE PINANCEMENT !" Re-plongeon dans la mallette.


Vite vite il faut que je meuble ! Le client est un peu surpris mais finalement il m’écoute et je dois dire que je ne m’en sort pas trop mal malgré un taux d’alcoolémie qui ferait exploser n’importe quel alcotest. (Démonstration apprise par cœur)


Un truc attire mon attention, depuis quelques minutes j’entends Patrick marmonner des trucs du genre : "Putain de calculatrice, j’y comprends rien et toutes sortes d’autres amabilités à l’encontre de sa calculette". Je remarque également que depuis un moment l’image de la télé est complètement bizarre elle change en permanence, je mets tout ça sur le compte du Chivas.


Quand tout à coup le son de la télé monte tellement fort que nous ne nous entendons plus parler, je fais un bond les autres aussi, le client saute sur sa télécommande et arrête sa télé.

La mallette de Patrick s’est refermée et lui il reste là comme un con ébahi ne comprenant pas ce qui s’était passé. Il reste muet avec dans les mains…………………………..la télécommande de sa propre télé que nous avions embarqué dans la précipitation à la place de la calculette.


Je suis écroulé de rire, le client qui vient de se rendre compte de la confusion est également mort de rire.


Mon ami est là, lui ne comprend rien, jusqu’à ce que je lui explique qu’il faisait ces calculs avec une télécommande universelle.


Deux mois plus tard nous signerons ces deux ventes et le client nous expliquera que cette histoire a bien fait rire son équipage lors d’un vol transatlantique, il nous dira également qu’il avait trouvé étrange l’odeur d’alcool qui avait envahi l’appartement dès notre arrivée mais qu’il avait mis ça sur le compte de la fatigue.

 

Eh oui ! Le whisky ça ne tâche pas mais ça sent !

 



La suite au prochain apéro


Erebus

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commentaires

LE TAULIER 15/12/2008 09:46

SOPHIE,
Bonjour merci de ta visite, (en français) car ici c'est tres cosmopolite,ce n'etait pas du muscadet mais bon qu'importe le flacon....
A REFAIRE un jour ou d'été de preference !
LE TAULIER.

claude B 15/12/2008 08:37

Dommage que l'histoire ne raconte pas le retour et les "retrouvailles" ç'aurait été croustillant à n'en pas douter.

Lilou 14/12/2008 20:53

Oh la la Sophie you're english so good and mine so bad. Yes we're smiling when working is back.
Oui, oui nous serons contents lorsque le travail reviendra...

Sophie F 14/12/2008 20:23

Ouh là là !! je ne parle pas comme cela! Erebus
Ce doit être encore l'effet du Muscadet de chez Granchamps, délicieux ceci dit !
Génial la chanson : faut rigoler .... oh oui !
ce qui n'empêche pas de se battre de toutes ses forces pour l'emploi, gage de paix.
WORKING and PEACE for the WORLD ! and smiling
CASTA